DÉCOUVRIR DIEU
Ap 2, 12-17 ; Lc 13, 22-35
(6 novembre 1998)
Homélie du Frère Jean-François NOEL
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ieu se laisse découvrir, mais ne se laisse pas forcément comprendre. Il ne sera jamais au bout de notre raisonnement, ce qui ne veut pas dire qu'il ne fait pas raisonner ni parler de Dieu, c'est une façon à nous de nous approcher de Lui, il y a une distance entre Lui et nous, une frange inexpliquée, inexplicable que Dieu laisse et ce qu'Il est, impose silence à nos raisonnements.
Nous sommes invités à penser, mais pour que nos pensées ne soient pas vaines, dans le mouvement que ces pensées ont suscité en nous, il nous faut démissionner de leur orgueil pour nous inviter à découvrir les mots nécessaires pour connaître quelqu'un. Il y a quelque chose dont le langage même ne peut pas totalement rendre compte, peut-être que la théologie en ce qu'elle est ritualisme peut ouvrir sur quelque chose qui n'est pas encore dit et exprimée et qui l'a été dans les siècles anciens et qui nous a été transmis.
Cette part que Dieu se réserve, non pas pour se protéger, plus nous en approcherions et plus il glisserait, plus il nous échapperait. Il y a quelque chose en Dieu, dans son infini qui ne cesse de glisser hors de nos raisonnements, de nos consciences, et surtout, qui ne se laisse pas enfermer par une quête de notre part.
Lorsque Jésus, vient, ils l'observent, ils le regardent, la stupéfaction, l'étonnement que Jésus pose par sa présence, comme si à travers lui il présentait, il posait la question d'un invisible qui serait visible, sensible à travers lui. C'est une attitude que nous retrouvons souvent dans l'évangile : stupéfait. Ils se tiennent cois, quelque chose se tait en eux afin qu'ils puissent l'observer, mais la liberté de l'homme reste tout entière, il n'est pas dit que ces hommes, ces pharisiens, ces légistes ont pris leur bâton de pèlerin et l'ont suivi.
Il y a une sorte de "nomansland" spirituel, qui est le moment où tout homme est chargé d'avancer vers Dieu.
C'est peut-être une occasion de laisser aller un certain nombre de crispations, d'interrogations de façon à pouvoir cerner. La réponse viendra un peu différemment, à notre insu, par un autre biais, dans une autre coïncidence.
Que le Seigneur nous ouvre l'esprit, afin que nous puissions entendre ce nom nouveau de l'Apocalypse par lequel nous sommes appelés. Ce nom que Dieu nous donne, par lequel il nous attire, ce nom secret que nous ne connaissons pas encore et qui ne sera dévoilé que dans la rencontre définitive entre Dieu et nous, mais nous en connaissons à l'avance quelques accents.
Il y a un petit ton un peu familier et en même temps étrange dans la façon dont Dieu nous appelle, et c'est ce côté familier et étrange qui fait que nous nous mettons en route pour entendre le nom que Dieu émet et dans lequel nous pressentons le salut l'amour qu'il nous a toujours promis.
AMEN