GUÉRIR UN JOUR DE SABBAT
Ba 4, 30-37 ; Lc 13, 10-17
(13 octobre 1994)
Homélie du Frère Bernard MAITTE
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n l'habitude, dans l'évangile, d'entendre ou de voir Jésus agir et aller souvent contre les pharisiens. Ce passage nous montre qu'il va même contre le chef de la synagogue qui déclare: "Vous avez six jours pour vous faire guérir, ne venez pas le jour du sabbat". Au premier abord il est vrai que c'est ridicule qu'une femme qui souffrait depuis dix-huit ans ne puisse pas attendre un autre jour que le sabbat pour être guérie.
Finalement le chef de la synagogue oppose des principes stricts à l'action même de Jésus. Notre première réaction serait peut-être que ces principes ne valent pas grand-chose par rapport à l'action de Jésus, mais ce qui est certain c'est que pour ce chef de synagogue ces principes, ayant été donnés par Dieu Lui-même qui a travaillé six jours et s'est reposé le septième, avaient valeur prépondérante et prédominante par rapport à cet homme qui arrive et qui se permet ainsi d'enfreindre la Loi.
Ce que Jésus enseigne et que nous pouvons retenir c'est que l'action de Dieu, l'œuvre de Dieu ne s'arrête jamais, même son repos constitue un travail, constitue une œuvre. Et c'est pourquoi ce repos du Sabbat est pour le Fils l'occasion de montrer qu'Il fait toujours la volonté du Père, même s'il semble aller contre les pratiques et principes donnés par Dieu Lui-même. En définitive, quand Il fait l'œuvre du Père, Il fait toute sa volonté.
C'est ainsi que lorsque Jésus, après sa mort, sera mis au tombeau, Il sera dans le tombeau le jour du sabbat mais paradoxalement c'est dans ce repos qu'Il travaille à ramener les captifs des enfers et à ouvrir les portes des enfers pour emmener avec Lui auprès de son Père tout le peuple qui attendait le salut de Dieu. Cela signifie pour nous que le salut de Dieu, son amour, sa tendresse, comme un adage repris pas certains dans l'Église aime le redire : "La charité du Seigneur n'a pas d'heure". Cela veut dire aussi que les principes sont bons. Rien n'est mauvais dans ce qui est des principes mais il ne faut jamais prendre les moyens pour la fin. Ce qui doit nous aider à mener une vie droite, à avoir le comportement le plus adéquat possible avec ce que nous professons est toujours secondaire lorsque sont en jeu le salut, la miséricorde, la tendresse et la charité. S'ils étaient érigés en principes ces principes deviendraient une sorte de prison et d'enfermement et nous empêcheraient de nous ouvrir à cette aventure de Dieu que le Seigneur Lui-même réalise lorsqu'Il s'incarne, lorsqu'Il meurt et qu'Il ressuscite qui est l'aventure de l'homme.
AMEN