L'OBOLE DE LA VEUVE
Ap 14, 1-87 ; Lc 21, 1-4
(16 novembre 1993)
Homélie du Frère Bernard MAITTE
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ette péricope évangélique nous appelle à reconsidérer tout ce que nous faisons pour le Seigneur. Le fait de verser des offrandes au Trésor du Temple c'était pour les Israélites une manière d'approfondir et de se donner soi-même dans la relation avec Dieu. Ainsi donc nous sommes appelés, aujourd'hui, à nous demander si, effectivement, nous nous donnons tout entiers à Dieu. Si nous ne faisons pas que "donner à Dieu", non pas au niveau de l'argent mais au niveau de notre être profond. Si nous ne finissons pas par ne donner que notre superflu car finalement il y a une manière, même en étant chrétien, de se préserver de se donner complètement et d'être à soi-même en n'agissant uniquement que dans un but particulier qui est un but personnel. Et cela est vrai aussi bien pour les laïcs que pour les clercs, que ce soit dans l'activité spirituelle ou caritative de se regarder soi-même et de ne pas se donner aux autres, de ne pas se donner profondément à Dieu. Il peut y avoir un certain orgueil de l'activité apostolique, un certain égoïsme de la vie de prière et d'oraison, il peut y avoir aussi une certaine manière de ne pas vouloir se donner véritablement dans la foi.
Or nous ne serons comblés de l'amour de Dieu qu'à la mesure du don que l'on aura fait de soi-même. Et notre propre don sera ainsi la réponse au don de Jésus Lui-même, notamment ce que nous célébrons dans cette eucharistie qui est réellement une offrande où Jésus donne son corps et verse son sang. Et c'est à ce moment-là, que dans ce don réciproque, nous connaîtrons, comme le dit saint Paul, la hauteur, la largeur, la longueur, la profondeur c'est-à-dire la plénitude de son amour.
AMEN