VISAGES D'ESPÉRANCE
1 Th 2, 13-14 + 17-19-20 ; Lc 11, 27-32
(16 octobre 1991)
Homélie du Frère Jean-François NOEL
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u'il est bon, qu'il est doux d'habiter sous un même toit", d'être des frères, ainsi dit le psaume lorsqu'il veut célébrer la communion de ceux qui ensemble louent le Seigneur d'un cœur commun. Certainement ce psaume devait animer le cœur de Paul lorsqu'il dit aux Thessaloniciens qu'il est "extrêmement désireux de revoir leurs visages, que son désir est vif de faire le voyage et que seul Satan l'a empêché de l'entreprendre maintenant."
Il dit aussi qu'il y aurait de l'espérance et de la joie à se voir de nouveau, à contempler ensemble la couronne dont ils seront fiers et qui repose sur leurs têtes parce qu'ensemble ils vénèrent le Seigneur Jésus-Christ. Frères et sœurs, nous sommes les uns pour les autres "des visages d'espérance."
Il y aurait donc un zèle, une ardeur, un désir de se rassembler, de se voir pour contempler dans l'autre ce que le Christ Seigneur y réalise comme travail. Reconnaître dans mes frères et dans mes sœurs mon espérance et ma joie devrait être le lot de chaque chrétien. Si Paul s'exprime ainsi c'est qu'il découvre le secret de l'autre, de son frère, qu'il peut y lire comme à livre ouvert la façon dont Dieu le traverse, le transfigure.
Et qui sont donc ces frères et ces sœurs ? Dans l'évangile Jésus semble répliquer assez durement à cette femme qui élève le ton pour dire : "Heureuses les entrailles qui T'ont porté et le sein que Tu as sucé !" Jésus répond : "Heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu !" ce qui ne veut pas dire que Jésus méprisé les relations entre un enfant et sa mère, mais qu'il place encore au plus intime la relation entre un homme et la Parole de Dieu. Elle est plus intime que l'enfant dans les bras de sa mère ou que l'enfant qui tète le lait de sa mère. C'est pour exprimer le degré d'intimité qui doit toucher le cœur de l'homme qui reçoit la Parole de Dieu. Et les frères et les sœurs dont parle saint Paul, ce sont justement ceux qui vivent de cette intimité et qui sont touchés par cette intimité, qui reçoivent la Parole de Dieu comme une Parole vitale qui les nourrit comme un enfant se nourrit au sein de sa mère.
Alors avant de nous reconnaître, d'avoir les uns pour les autres une espérance de nous reconnaître comme fils de Dieu, de nous réjouir que la grâce soit au fond de nous plantée en nos cœurs, demandons par cette eucharistie que la Parole entendue puis faite chair dans l'eucharistie, se plante en nous, active notre désir pour que nous la recevions comme une vie nécessaire.
AMEN