J'AI VU SATAN TOMBER DU CIEL
Ez 31, 1-13 ; Lc 10, 17-24
(8 octobre 1990)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS
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travers ces quelques épisodes ou réflexions de Jésus ou des disciples qui s'enchaînent de façon extrêmement fine, je voudrais vous aider à découvrir rapidement ce qu'est le mystère même de Jésus au moment où Il était sur la terre. Vous avez remarqué comment se fait l'enchaînement. Les disciples ont chassé des démons et "ils reviennent tout joyeux" en constatant ce qu'ils ont fait. Immédiatement Jésus leur dit : "Ne vous réjouissez pas de ce que vous chassez les démons, mais de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux !" Les apôtres ont vu ce qui s'est passé sur la terre et Jésus a vu, d'un autre regard, d'une autre connaissance, ce qui se passait dans les cieux, la chute de Satan terrassé comme l'éclair, et les noms des disciples envoyés, inscrits dans les cieux.
Et c'est parce qu'Il a cette vision dans le cœur du Père que Jésus peut avoir ce chant de jubilation : "Je Te bénis, Seigneur, Père du Ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux savants et de l'avoir révélé aux tout-petits !" Sur la base de ce qu'Il a vu, de ce que les disciples lui ont raconté, Jésus sait ce qui s'accomplit au ciel et sur la terre.
Et immédiatement cette connaissance s'épanouit en Lui en chant d'action de grâce adressé à son Père. Et après seulement, Il prononce une béatitude sur les disciples, comme si le bonheur qu'Il venait d'éprouver en chantant et en exultant de joie pour son Père allait maintenant rejaillir sur les disciples : "Bienheureux les yeux qui voient ce que vous voyez car beaucoup auraient voulu le voir mais ne l'ont pas vu !"
A travers cette séquence, nous voyons exactement comment il faut entendre le mystère de Jésus. Jésus fait ou fait accomplir sur terre son œuvre de salut et les disciples en sont les acteurs, les envoyés et les témoins. Les disciples en sont aussi les bénéficiaires au sens où ils sont l'objet d'une béatitude, c'est-à-dire d'un bienfait de Dieu. Mais en même temps, Jésus voit ce qui se passe dans le ciel.
A travers cet évangile nous est dit ce que plus tard l'Église formulera en disant que Jésus est "vrai Dieu et vrai homme". On entend parfois un certain type de discours qui voudrait nous faire croire que c'est "après" que l'on a dit qu'Il était Dieu. Mais dans ce passage nous voyons à la fois Jésus dont l'humanité est totalement au service de ses disciples et dont la divinité voit dans le cœur même du Père ce qui s'y accomplit et le dessein même du Père de sauver l'univers.
Ainsi donc nous voyons comme à fleur de témoignage, la nature mystérieuse du Verbe Incarné à la fois Celui qui, sur la terre, par ses disciples et ses envoyés, commence à opérer le salut dont Il a reçu la mission du Père, et en même temps Celui qui, tout en étant sur la terre, n'a jamais quitté le sein du Père, mais au contraire dans la connaissance éternelle du Fils de Dieu, reconnaît et accepte d'accomplir la mission que lui a donnée son Père.
Que ce petit passage d'évangile nous affermisse dans la foi véritable au Christ, Verbe de Dieu, au Verbe de Dieu qui s'est fait chair parmi nous, est né de la vierge Marie et qui, pour nous, a opéré ce dessein de salut, à travers les mains et les témoignages de ses envoyés et qui ne cesse pas, aujourd'hui, de l'accomplir et de le poursuivre à travers son Église.
AMEN