VENEZ À L’ÉCART
Gn 47, 27-331 ; Mc 6, 30-44
(8 février 2006)
Homélie du Frère Jean-François NOEL
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a semaine dernière, nous avions fait ici une célébration sur la prière, et j’avais demandé à ceux qui étaient là, de prendre un moment dans l’église, en vous mettant à genoux, ou assis, et de faire une sorte de petit voyage à l’intérieur, pour nous éloigner un peu du monde, des amis, des occupations, comme le Christ nous l’a dit : "Venez à l’écart et reposez-vous". La prière c’est un moment un peu différent des autres moments de la journée. Un des participants m’a raconté en sortant : quand je suis descendu en moi-même j’ai trouvé une grande porte avec marqué dessus : toutes mes peurs. Je ne suis pas rentré dans cette pièce-là, cela faisait trop peur. Il y avait une autre porte où il était marqué : toute ma famille, mes grands-parents, mes parents, mes frères et sœurs, cela faisait trop de bruit, je ne suis pas rentré non plus.j’ai pris une autre porte, et là, il n’y avait personne, je me suis assis et j’ai attendu.
C’est la meilleure définition qui est donnée par l’un d’entre vous, de la prière. On s’éloigne de tout ce qui fait du bruit, de tout ce qui nous occupe, de ce qui nous fait peur, et on va à l’écart à l’intérieur de nous pour y rencontrer quelqu’un qui nous attend. Il faut imaginer quand on rentre en prière, que c’est comme une marche dans un voyage, une marche dans la montagne ou la campagne, et puis, on arrive au bord d’un étang, un endroit qu’on aime bien. Là, Jésus nous attend pour partager avec nous, pour écouter ce que nous vivons, pour nous laver de part en part de ce qui nous empêche de marcher correctement, parce qu’on a un peu boité sur le chemin de la vie. On arrive et on le reconnaît comme un ami, et on lui parle comme à quelqu’un qu’on a toujours connu et à qui on a envie d’ouvrir totalement son cœur, en lui confiant les soucis, les peines, les craintes, les peurs, et en priant aussi pour ceux que nous voulons lui confier, des gens qui sont malades, des gens qui nous font de la peine, des gens qu’on n’arrive pas à aimer. On lui demande aussi de nous aider à pardonner, parce que le pardon ce n’est pas toujours facile, et puis de nous permettre d’être heureux, d’être son ami de toujours.
Après, on repart dans la vie, mais on a toujours ce moment-là dans son cœur, avec quelqu’un qu’on pourra toujours aller rencontrer, qu’on pourra toujours aller voir. La prière, c’est la clé pour entrer à l’intérieur, et Jésus sera toujours en avant de nous pour nous parler, pour nous accueillir, même parfois pour nous consoler quand on est malheureux.
C’est ce qu’on fait quand on vient ici à la messe, ou quand on prie dans sa chambre. Ainsi, quand vous aurez votre icône et que vous pourrez à un moment de la journée, le soir, vous recueillir, fermer un peu vos oreilles et vos yeux sur tout ce qui a occupé votre journée, et lui dire quelques mots du cœur, quelques mots qu’on ne dit qu’à lui, c’est le moment de se mettre à l’écart. Et ce moment de se mettre à l’écart, c’est un le moment de la visite de son cœur et du cœur de Dieu, puisque ces deux cœurs-là sont faits pour s’entendre et se parler. C’est ce que font les croyants quand ils viennent dans une église ou qu’ils prient chez eux, et qu’ils essaient de parler au cœur de Dieu, parler de cœur à cœur, comme on parle à son meilleur ami et à celui dont sommes issus.
Que cette très ancienne icône de Jésus vous aide à ne jamais perdre le fil de sa présence. Il a guidé des quantités d’hommes de toutes races et de toutes nations sur la terre, et Il continuera à vous guider chacun personnellement et tous ensemble.
AMEN