L'AUTORITÉ DU CHRIST ET DE L'ÉGLISE
1 S 18, 6-16 ; Mc 11, 27-33
(21 février 2001)
Homélie du Frère Yves HABERT
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ous avons l'habitude chaque matin aux Laudes, de lire des passages de l'Ancien Testament, qui projette l'ombre des figures, l'ombre de ce qui doit arriver. En ce moment, depuis un certain temps, nous lisons le Deutéronome. Ce matin, par exemple, en relisant cette Loi qui a été donnée à Moïse et qu'il a transmis fidèlement, on voyait quand on avait vendangé, qu'on avait ramassé les figues, il ne fallait pas revenir en arrière, il fallait considérer que celles qui étaient laissées étaient pour l'étranger, pour le pauvre. On voyait aussi cette loi qui était assez touchante, assez belle, quand quelqu'un vient de prendre une épouse, on ne doit pas le prendre pour l'armée, parce que celui qui vient de prendre une épouse doit d'abord réjouir son épouse. Ces Laudes, c'est difficile, car c'est un office qui a lieu à une heure un peu ingrate, parce que c'est trop tôt pour les "lève-tard", et c'est trop tard pour les "lève-tôt", mais à travers cette lecture que nous y faisons tous les matins, nous saisissons cette loi fondamentale et nous pouvons constater que personne ne met jamais en cause l'autorité de Moïse qui transmet cette Loi, peut-être jouit-il d'une sorte d'autorité naturelle, ou perçoit-on à travers sa parole, celle du Seigneur. On perçoit que cette autorité qui a permis au peuple de quitter le pays de l'esclavage, c'est la même autorité qui permet aussi d'édicter cette loi nouvelle. Ce n'est qu'après cette expérience fondamentale de la libération du pays d'Egypte que Moïse peut parler avec autorité. Donc, le peuple reçoit cette autorité de son propre fait, comme un chef de guerre à qui l'on doit obéissance, car il a permis une libération, mais on s'est bien rendu compte que c'était le Seigneur qui avait libéré son peuple, mis au large son peuple.
A Jésus, on pose la question de l'autorité : "Par quelle autorité fais-tu cela ?" Dans l'évangile de saint Marc, Jésus vient de rentrer en triomphe à Jérusalem, Il vient de chasser les vendeurs du Temple, et on lui demande par quelle autorité Il opère cela. Il va poser une question concernant le baptême de Jean : "Venait-il des hommes ou de Dieu ?" Au-delà de la question de Jean, je crois qu'il y a la question du baptême, de cette Pâque, car chaque fois qu'Il parle du baptême, Il parle de la Pâque. Il devra attendre d'avoir été constitué et revêtu de cette autorité que le Seigneur Lui a transmise en le ressuscitant des morts. Il faudra qu'Il ait reçu cette autorité de son Père, pour que plus jamais, on ne lui pose la question : "Par quelle autorité fais-tu cela ?" Extrêmement frappant qu'après son passage au pays de la mort, qu'il ait franchi la Résurrection, plus personne ne parlera de son autorité. Plus personne ne lui dit, quand en Jean, chapitre vingtième, Il dit à ses disciples : "Recevez l'Esprit Saint, ceux à qui vous remettrez les péchés, ils seront remis", quand Il donne l'ordre du baptême, en Matthieu chapitre vingt-huitième, plus personne ne s'inquiète de son autorité, mais voici qu'il a cette autorité de celui qui a opéré cette Pâque plus merveilleuse encore que celle de l'Exode, il possède cette autorité qui lui permet même de se dessaisir et de faire partager son autorité à son Eglise. On pourrait quelquefois poser la question à l'Église, quand elle remet les péchés, quand elle offre le Corps et le Sang de Jésus, quand l'Église parle, on pourrait lui dire : "Par quelle autorité fais-tu cela ?" Elle peut répondre: "Parce que le Sauveur est passé par la mort et qu'Il nous a ouvert les portes de la Vie, parce que notre Sauveur est passé par cette exode substantielle qui consiste à réaliser en Lui cette Pâque. Parce que nous avons été revêtus de cette autorité, nous pouvons en parler et offrir les sacrements".
AMEN