L'ENVOI DES DOUZE
2 S 18, 1-8 ; Mc 6, 7-13
(17 février 1992)
Homélie du Frère Bernard MAITTE
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'envoi des douze en mission se réalise dans un double rapport, un rapport entre Jésus et les apôtres désignés ici sous le terme de douze. Le rapport entre le maître et les disciples est un rapport de confiance. Il est étonnant que dés le début de son ministère Jésus s'efface devant les douze. Il leur donne pouvoir sur les esprits impurs et Il les envoie en mission. Il n'attend pas de mourir et de ressusciter pour envoyer les douze, mais, dans une grande humilité, Il laisse la place à douze hommes qu'Il a choisis pour porter sa Parole. C'est donc un rapport de confiance, mais cette Parole et cette mission s'originent dans la venue même de Jésus-Christ, Parole faite chair. "Les disciples étant partis, ils prêchèrent qu'on se repentit." C'est le message de Jésus Lui-même au commencement de son ministère : "Les temps sont accomplis et le Royaume de Dieu est tout proche : repentez-vous et croyez à l'évangile !" Cette parole s'accomplit dans une œuvre par des signes de guérison. Et dans l'évangile de Marc, ce pouvoir de guérison, ce pouvoir sur les esprits s'accomplit par des onctions d'huile. Nous avons là les premières traces de ce nous dit saint Jacques quand il demande que les prêtres aillent prier auprès des malades et leur fassent des onctions d'huile pour les guérir.
Dans cette mission des douze est contenue la mission de toute l'Église, celle qui fait encore à l'heure actuelle la joie de l'Église et qui fait aussi son devoir. L'Église, comme les apôtres, a reçu cette mission d'enseigner la Parole, de gouverner et de sanctifier. Et les évêques qui sont successeurs des apôtres réalisent cette triple dimension d'enseigner, de gouverner et de sanctifier par les sacrements. On annonce toujours cette bonne nouvelle, ce salut de Dieu, mais on n'annonce que ce que le Christ a dit. Cette bonne nouvelle est à réaliser tous les jours dans notre cœur.
Le second rapport de Jésus avec les douze est celui de la confiance des apôtres envers Jésus. C'est pourquoi leur témoignage ne s'appuiera pas sur le fait qu'ils soient embarqués avec beaucoup de matériel, pédagogique ou catéchétique : "Ne prenez ni besace ni deux tuniques, mais allez et annoncez la Parole !" c'est-à-dire appuyez-vous fondamentalement sur Moi, sur une relation avec Moi. Dans notre façon d'annoncer le Christ, il faut avant tout que nous soyons très proches de Jésus pour pouvoir parler de Lui, car si nous n'avions qu'une connaissance intellectuelle, cela ne suffirait pas. Il faut ce double mouvement de confiance, c'est-à-dire de connaissance et d'amour envers Dieu. Et c'est cela qui va être le signe et le témoignage pour les autres hommes.
En cette eucharistie, nous retrouvons le même mouvement. Nous sommes appelés, rassemblés, près de Jésus, unis à sa chair. Et en même temps, l'eucharistie nous renvoie pour témoigner de Jésus. Que cette eucharistie renouvelle en nous la confiance que nous pouvons porter au Christ et aussi la confiance que le Christ nous porte qui est à manifester pour nous-mêmes dans les personnes qui sont les successeurs des apôtres c'est-à-dire dans les évoêques et dans un visage particulier d'évêque, le nôtre, Bernard Panafieu, archevêque d'Aix et d'Arles. Et malgré les faiblesses ou les fragilités inhérentes à chaque homme, il faut reconnaître que c'est une mission qui a été confiée à un homme, comme elle a été aussi confiée personnellement à nous au baptême. Il faut donc avoir confiance en Dieu, dans son Église comme Jésus a eu confiance en ses douze apôtres.
Notre témoignage s'origine dans la prière et en prenant l'eucharistie c'est pour nous l'occasion d'être près du Christ et de savoir que tous les hommes sont appelés à vivre éternellement auprès de Lui, de sa vie et de cette Parole qu'Il a voulu annoncer pour que nous ayons la vie éternelle.
AMEN