DIEU AU CŒUR DU MONDE

2 S 15, 7-12 ; Mc 4, 35-41

(8 février 1992)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

Q

ui est-Il donc Celui-là que le vent et la mer lui obéissent ? "C'est cette conclusion de ce passage de l'évangile qui nous donne de méditer sur l'identité du Christ. Ce passage nous révèle en profondeur qui est le Christ. En saint Marc, on parle du "secret messianique" c'est-à-dire de cette révélation que Jésus Lui-même fait à propos de sa personne. Le Christ se révèle à ce moment-là comme Celui qui est à l'origine de tout. Il est le Créateur, Celui qui a pouvoir sur les éléments, Celui qui, comme au premier jour de la création, organise le chaos, qui donne sens aux éléments matériels de ce monde en fixant à chacun sa place. Il s'adresse d'ailleurs à cette création d'une manière catégorique mais aussi personnelle. Silence ! Tais-toi ! Calme-toi !" C'est donc comme une connivence entre ce monde et cette création et le Créateur Lui-même.

C'est cette révélation que les apôtres ont à sai­sir. C'est ce que nous aussi nous n'avons de cesse de découvrir au cœur même de notre foi. Et la foi est la pointe de ce récit évangélique. C'est le reproche que Jésus fait à ses disciples : "Comment ? Vous n'avez pas de foi !" C'est vrai que la foi est certainement la chose la plus difficile, la réalité la plus ardue à vivre pour un chrétien, mais pourtant la foi est cet espace de liberté qui permet de réagir en face de Dieu dans une véritable relation. Pour être une personne, il faut avoir cet espace de liberté que donne la foi et en face de Dieu il nous faut pouvoir rester debout et c'est la foi qui nous le permet.

C'est ainsi que notre relation avec Dieu doit nous faire découvrir qu'en Jésus-Christ il y a à la fois le Créateur du monde, Celui qui a pouvoir sur toutes les réalités e la terre et de la Création, et en même temps reconnaître que le Créateur s'est enfoui au sein de la création pour pouvoir révéler le sens même de ce qu'est notre monde. Dieu ne se contente pas d'or­ganiser le chaos, Il vient au cœur même de cet ordre qu'Il donne aux éléments terrestres pour donner vie en profondeur et sens à notre humanité.

Sachons découvrir au fur et à mesure de notre existence, dans l'eucharistie que nous venons prendre, parfois plus souvent que le dimanche, sachons décou­vrir la même réalité d'un Dieu qui s'est enfoui dans la matérialité du pain tout simplement pour donner sens à notre vie, pour que, au plus profond de notre cœur, il n'y ait plus que le calme, que le silence de la pré­sence de Dieu. Bien souvent nous "pestons" contre Dieu quand nous ne sommes pas tout à fait d'accord avec ce qui se passe dans le monde ; nous jurons même contre Dieu et certains en arrivent à douter de Dieu alors qu'ils ne s'en sont jamais posé la question quand arrivent des tempêtes. Que le Créateur de toute chose vienne nous révéler que Lui seul a les mots justes et vrais pour calmer non seulement toutes les tempêtes, tous les bouleversements de notre monde, mais surtout toutes les turpitudes de notre cœur. Et cela Il le fait par le don de son eucharistie où Il se donne Lui-même à la fois comme le pain qui nourrit le corps mais surtout comme le pain qui vient éter­nellement changer notre cœur et nous tourner vers Lui. Alors nous dirons : "C'est le Seigneur ! Je le re­connais, c'est Lui !"

 

 

AMEN