LA FOI
2 P 1, 1-7 ; Mc 9, 14-29
(5 juin 1980)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
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e passage d'évangile nous place vraiment au cœur de la vie chrétienne. Jésus, à propos de cet enfant épileptique dit au père : "Tout est possible à celui qui croit". Il avait dit auparavant : "O engeance incrédule, vous n'avez pas de foi ! Combien de temps devrais-je rester parmi vous qui refusez de croire ?"
"Tout est possible à celui qui croit !" Oui, c'est la foi qui est le fondement de toute vie spirituelle, de toute vie chrétienne. Tout ce qui se passe dans notre existence, tous les évènements de notre vie, évènements douloureux (comme les épreuves analogues à celles dont l'évangile nous parle aujourd'hui, maladie de nos proches, maladie qui nous atteindrait nous-mêmes, accidents, dangers, mort) évènements heureux aussi, tous les évènements qui nous arrivent ne prennent leur sens, ne prennent leur signification, ne peuvent être compris, non pas simplement à un niveau superficiel, mais radicalement, que par le regard de la foi.
C'est seulement si nous adhérons de toutes nos forces à la présence vivante, vivifiante de Jésus parmi nous, en nous, que nous pouvons, comme Jésus le dit ailleurs transporter les montagnes, c'est-à-dire transformer la signification des évènements de ce monde. La foi est un regard. La foi est une force. La foi est une réalité vivifiante qui peut vraiment transformer tout ce qui nous arrive, tous les évènements dans lesquels nous sommes jetés et qui, au premier abord, peuvent paraître incompréhensibles, absurdes, intolérables peut-être, mais qui, si nous nous laissons éclairer par Jésus, prennent soudain une signification, un sens, et entrent dans le salut vers lequel nous marchons, auquel nous sommes appelés, nous et tous les frères qui nous entourent.
Et Jésus nous dit aussi, comme à ses disciples : "Cette sorte de démon (autrement dit ces tentations, ces difficultés de la vie), ne peut être vaincue que par la prière". Si nous n'avons pas assez de foi, c'est que nous ne prions pas assez. Même les disciples de Jésus étaient encore trop faibles, trop fragiles parce qu'ils n'étaient pas enracinés dans la foi, dans la prière, c'est-à-dire dans le face à face avec Dieu, ce face à face dans lequel Jésus, chaque nuit, et souvent même dans la journée, venait se retirer pour se ressourcer, pour retrouver vie et force dans l'amour du Père. Alors si nous n'avons pas assez de foi pour que notre vie prenne un sens, il nous faut prier davantage, rechercher vraiment le visage du Père, le visage de Dieu, pour qu'Il ouvre les yeux de notre cœur, les yeux de notre foi, pour qu'il illumine notre vie.
Pendant cette eucharistie, faisons nôtre la prière du père de cet enfant épileptique : "Seigneur, je crois, mais viens en aide à mon peu de foi !" viens me guérir de mon incrédulité, viens augmenter cette foi encore fragile et vacillante dans mon cœur.
AMEN