UNE QUESTION ÉPINEUSE : LE DIVORCE
Jr 1, 1-10 ; Mt 19, 1-12
(18 août 2011)
Homélie du Frère Jean-Noël N'TCHA

Parfois le ciel s'obscurcit …
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rères et sœurs, vous lisez sans doute sur mon visage mon embarras à parler du thème dont il est question dans l'évangile. C'est vraiment sérieux parce que le problème dont il s'agit dans l'évangile est plus que jamais d'actualité : le divorce. On dit que des pharisiens se sont approchés de Jésus pour le mettre à l'épreuve. Et quand on fait une analyse textuelle on se dit que ce n'était pas tant pour le mettre à l'épreuve que pour comprendre.
"Est-il permis de renvoyer sa femme ?" Voilà la question. Peut-on renvoyer sa femme pour n'importe quel motif ? Le principe de base est acquis : on peut renvoyer sa femme. Mais pour quel motif ? voilà la question. Et la raison pour laquelle je me demande si c'était vraiment pour mettre Jésus à l'épreuve est celle-ci : à l'époque, il y a avait deux écoles principales qui ne partageaient pas le même avis sur cette question. Une école laxiste disait : écoute, on peut renvoyer sa femme pour n'importe quel motif, si ma femme refuse d'aller promener le chat, je peux la renvoyer, si ma femme refuse de me saluer le matin la première, je peux la renvoyer. Voilà la conception de la première école. L'autre école beaucoup plus rigoriste dit : non, on peut renvoyer sa femme mais à la condition d'un motif sérieux : on ne peut pas se lever le matin et en fonction de nos humeurs décider de ramener sa femme dans sa famille ! Non, on peut renvoyer sa femme mais pour des motifs sérieux.
Les pharisiens ont voulu avoir l'avis de Jésus sur le problème, pour comprendre, et même si leurs questions sont teintées d'hypocrisie et de tendances vicieuses, ils veulent savoir. Mais Jésus va déplacer la question : "Est-il permis de renvoyer sa femme pour n'importe quel motif ?" Jésus ne reste pas au niveau des motifs, mais il s'attaque directement à l'idée du mariage. Le divorce n'est en aucun cas permis, que ce soit pour un motif grave ou banal, jamais, parce que le mariage est une institution divine. Le mariage a été voulu par Dieu.
Cette question que les pharisiens posent à Jésus de nos jours, nous la posons aussi d'une manière ou d'une autre. Quel est l'avis de l'Église par rapport au divorce ? C'est une question grave qui se pose. Est-ce que l'Église ne pourrait pas revoir son point de vue sur la question du divorce ? Et c'est le risque de relativiser ce qui paraît sérieux aux yeux de Dieu et si nous prenons cette option, nous prenons le risque de relativiser beaucoup de choses. Nous risquons de soumettre Dieu à notre volonté et qu'il fasse ce que nous voulons. Or, dès l'origine, Dieu a créé l'homme et la femme. "L'homme quittera son père et sa mère et s'unira à sa femme et ils ne seront plus qu'une seule chair". Voilà la vocation première de l'homme dans le mariage. Je ne sais pas si un jour chacun de nous a voulu se séparer d'une partie de son corps … ah ! je vois que ce côté-là est un peu déformé, on va enlever cela et le jeter ! Au contraire, on arrange, on va chez les esthéticiens, et on répare.
Pourquoi voudrions-nous nous séparer de notre femme ou de notre mari ? Pourquoi ? Qui est saint ? Nous voudrions que l'autre soit plus saint que moi comme ça la vie serait parfaite ! Non, comme on le dit sous tous les cieux, on se marie pour le pire et pour le meilleur. On s'unit pour le pire et pour le meilleur, et surtout, on mesure le degré d'amour d'un couple surtout au moment des épreuves. Quand tout semble basculer dans le foyer, c'est à ce moment qu'on vérifie la qualité de l'amour du couple.
Frères et sœurs, mon dernier mot ce sera aussi la dernière parole de Jésus dans cet évangile : "Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas". Aidons nos jeunes frères et nos jeunes sœurs, nos filles, nos fils, à s'unir davantage à leurs époux, à leurs épouses, surtout au moment des difficultés, au moment où la barque chavire, balance, qu'ils puissent s'accrocher l'un à l'autre pour accoster au rivage. La solution n'est pas le divorce. Que Dieu nous aide, qu'il aide surtout ceux qui sont dans ces situations, à redécouvrir la joie de vivre pour Dieu, la joie de vivre avec ses frères et sœurs.
AMEN