DEVENIR SIGNES
Jb 27, 1-12 ; Mt 16, 1-12
(30 août 2010)
Homélie du Frère Christophe LEBLANC

Pourquoi cacher la lumière de la Bonne Nouvelle ?
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rères et sœurs, il y a des hommes tellement religieux qu'ils se méfient de tout les signes et renvoient l'exercice de la religion simplement à l'exercice du cœur, de l'intelligence au plus intime d'eux-mêmes. Il y en a pour qui la religion se résume à des signes et aiment à voir chez "n'importe qui" et chez "quelqu'un", et n'importe où des signes de Dieu. Et ils en viennent ainsi à interpréter selon leur propre volonté ce qu'ils croient être la volonté de Dieu.
Ce qui est intéressant dans l'évangile que nous venons d'entendre c'est ce fameux petit passage dans lequel il est question du signe de Jonas que Jésus livre à ceux qui sont venus le provoquer, et comme dit l'évangile, "il les planta là !"
En fait, le problème frères et sœurs, c'est que nous avons toujours tendance à penser les signes comme extérieurs à nous-même. Je suis chrétien et je veux trouver dans le monde et chez les autres, des signes qui me permettent d'abord de voir effectivement si Dieu existe ou pas, de voir si ce ne sont pas des balivernes, et si ce ne sont pas des balivernes, de pouvoir progresser demain pour découvrir Dieu. Mais nous oublions quelque chose de fondamental, c'est qu'avant de chercher désespérément des signes chez les autres ou ailleurs, le Christ nous invite à être signes pour les autres. C'est là tout le problème. Nous cherchons tout le temps des signes partout et ailleurs et nous oublions que la chose principale à laquelle nous sommes appelés c'est d'être signes pour les autres. C'est là que réside le problème principal de cet évangile.
Si nous continuons et si nous essayons de mieux comprendre la manière dont Jésus renvoie ses détracteurs au signe de Jonas, il faut regarder l'histoire de Jonas qui est extrêmement contradictoire par rapport au Christ. Là aussi, nous avons l'habitude : le signe de Jonas, il est avalé par une baleine, il reste dans le ventre de la baleine comme Jésus reste dans le tombeau, et comme Jonas est recraché par la baleine Jésus sort du tombeau ressuscité, etc … C'est bel et bien, mais si nous faisons fi de tous ces commentaires que nous connaissons par cœur et que nous nous attachons à comprendre vraiment ce qu'est le signe de Jonas, là, cela devint très bizarre.
Qui est Jonas ? C'est un prophète qui est envoyé par Dieu pour annoncer le salut et la miséricorde aux gens de Ninive et ce brave Jonas considère que ce n'est pas à lui de le faire parce que les gens de Ninive sont d'affreux jojos. Jonas c'est celui qui refuse d'être signe de salut et d'amour, ce que lui demande Dieu, et qui pour échapper à cette mission va être mangé par la baleine.
Qui est Jésus ? Jésus est celui qui a accepté d'être signe de la Bonne Nouvelle, signe d'amour et de pardon pour Israël vers lequel il est envoyé et qui meurt de cette mission alors que Jonas n'est pas mort de cette mission parce qu'il voulait au contraire s'en échapper même s'il ressort après du ventre la baleine. Dans un cas, nous avons quelqu'un qui, profondément, ne veut pas être signe de Dieu. Au bout du compte, il va quand même annoncer la Bonne Nouvelle de la conversion aux gens de Ninive, et les gens de Ninive vont faire ce que les gens du temps de Jésus n'ont pas voulu faire, ils vont se convertir. Là encore, Jonas ne veut pas être signe : au début il dit, je suis envoyé pour dire aux ninivites qu'ils vont tous mourir, c'est horrible, et il se trouve que les ninivites changent et Jonas ne comprend pas que le signe est appelé aussi à changer. Jésus lui meurt, parce que les gens ne veulent pas changer.
Voyez frères et sœurs, ce passage d'évangile est très important pour notre vie chrétienne. Nous passons quelquefois trop de temps, nous dépensons trop d'énergie pour essayer de trouver des signes là où il n'y a pas de signes. Alors qu'en fait, ce que l'évangile nous demande c'est d'être signes de cette espérance, c'est d'être signes de la Bonne Nouvelle du salut, de la miséricorde et de la possibilité d'être pardonnés pour changer. Nous ne le faisons pas toujours parce que nous pensons comme je le redis pour la quatrième fois que le signe est extérieur à nous-même et nous refusons bien souvent d'être signes pour les autres.
Frères et sœurs, que cet évangile et cette eucharistie soient pour nous l'occasion moins de chercher des signes que d'accepter d'être le signe de la Bonne Nouvelle du salut et de la miséricorde de Dieu dans ce monde qui nous est donné.
AMEN