UNIVERSALITÉ DU SALUT

Ct 1, 15 – 2, 7 ; Mt 22, 1-14

(18 septembre 2007)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

A

près la parabole des vignerons homicides suit celle que nous venons d'entendre les invités au festin des noces. Bien sûr la lecture classique nous fait comprendre que Jésus en s'adressant à ses auditeurs leur fait remarquer que ce sont eux, tous ces invités qui ont refusé de venir aux noces du fils, puisque Dieu le Père prépare le festin des noces de l'Agneau. Le jour où il va livrer son corps, verser son sang sur la croix, saint Jean nous montrant qu'Il est vraiment l'Agneau, celui qui est sacrifié pour la Pâque, celui qui donne sa vie comme l'époux doit donner sa vie pour son épouse et lui dire ainsi son amour.

Le Christ est donc le Fils, celui qui rassemble tous les invités. C'est l'histoire du salut bien sûr dans cette parabole où les serviteurs envoyés pour inviter tous ceux qui sont prédestinés déjà d'une part à cette Parole, élus, choisis, tout particulièrement, le peuple d'Israël, mais ses serviteurs les prophètes n'ont pas été écoutés et certains de ces prophètes ont même été tués, martyrisés. Aussi les auditeurs comprennent bien qu'il s'agit d'eux car Jésus donne tout de suite la dimension universelle du salut, car lorsqu'on est choisi ou appelé, ce n'est pas pour soi-même, mais c'est pour faire signe, c'est pour interpeller, c'est pour que celui qui est ainsi choisi soit véritablement à son tour un serviteur.

Israël était choisi parmi les nations non pas pour s'enfermer comme une nation propre, autonome, avec ses rites, ses idées et sa manière de voir et de faire, mais bien pour être au service des autres nations montrant ainsi comment toutes les nations sont appelées à être aimées de Dieu. En envoyant d'autres serviteurs qui invitent tous les hommes aussi bien les bons que les mauvais, cela montre l'universalité et combien le Fils, à travers ce qu'Il est, unique, aimé, choisi, c'est pourtant bien le Christ universel, c'est-à-dire celui qui est pour tous les hommes, capable de rassembler des hommes de toutes races, peuples, langues et nations comme le dira saint Jean dans l'Apocalypse.

Si cette lecture de la parabole est une lecture biblique et évangélique, nous pouvons aussi la lire pour nous-mêmes, pour notre propre vie spirituelle. Il y a en nous encore de ces réticences, de ces résistances à l'invitation du Père, il y a encore des oppositions ou des fermetures dans notre vie par rapport à la Parole, à l'invitation qu'Il nous fait, car Dieu se propose, jamais Il ne s'impose, Il invite. A nous de répondre à cette invitation, comment dépasser tout ce qu'il peut y avoir encore de rigide et de fixé dans notre vie spirituelle pour l'ouvrir à cette dimension d'un salut pour nous et d'un salut pour tous les hommes, sans acrimonie, sans jalousie, mais bien en se réjouissant que tous soient invités à ce festin à ces noces de l'Agneau Il est vrai que lorsque le roi passe parmi les convives, il en voit un qui n'a pas revêtu la robe nuptiale, cela pose une question puisque tous étaient invités, il s'agit bien là non pas de l'habit extérieur mais de l'habit intérieur. Avait-il toutes ces dispositions du cœur pour se réjouir de ce qui était en train de se passer ?

 

 

AMEN