UNE VIGILANTE ESPÉRANCE

Ap 22, 16-17+20+21 ; Mt 24, 37-51

(26 novembre 2005)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

L

es textes que nous entendons sont tous orientés sur la vigilance, l'attention que nous devons porter à l'imminence de la venue de Dieu. Cette vigilance d'ailleurs a l'air d'être contrariée par le fait que les événements qui nous sont promis sont un peu fous ou un peu catastrophiques. Ce qui veut dire que le monde ne reste pas sur ses apparences, il y a une apparence d'ordre qui simplement un équilibre des forces contraires et que le monde est fait pour une autre vie, un autre régime, une autre naissance. Cet équilibre précaire dont nos politiques, nos villes, nos nations sont souvent victimes prouve bien qu'il y a un jeu très fragile d'équilibre permanent.

La vigilance qui nous est demandée est une vigilance d'espérance. Le travail que nous avons à faire, le travail spirituel qui nous revient, c'est de maintenir, non pas une espérance béate, mais une espérance qui est une sorte d'élaboration personnelle. L'espérance ne vise pas de vains espoirs, mais il y a une histoire à écrire, aussi petite soit-elle, et elle se fait avec Dieu, quelles qu'en soient les formes. Dieu est du côté de la vie, jamais du côté de la mort, Il n'est pas complaisant. Il y a toujours des jours et des nuits et des saisons à écrire avec Lui. C'est cela l'espérance. La vigilance qui nous est demandée, c'est de maintenir intacte cette vertu d'espérance, cette manière que nous avons de nous tenir debout, quelle que soit la densité du vent ou de la tempête qui peut secouer nos vies ou celle des autres. Il y a une confiance en l'être debout que nous serons demain, qui est la résurrection, et qui effectivement, nous demande de tenir. La prière, l'appartenance à l'Église, faire le bien, l'aumône, etc … sont des manières de nous tenir debout malgré les vents contraires. Nous reprendrons tout cela pendant l'Avent.

Frères et sœurs, ayons le goût de l'espérance, et pas simplement de nous boucher les yeux sur ce qui ne va pas, mais de continuer à marcher avec comme soutien le casque de la foi, et le Christ qui nous accompagne et ne nous lâche pas la main.

 

 

AMEN