Ap 21, 1-7 ; Mt 24, 15-28
(19 novembre 2005)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
|
F |
rères et sœurs, depuis quelques jours, à l'approche de cette fin de l'année liturgique, les textes de l'Écriture qui nous sont proposés, nous parlent tous de la fin des temps. Nous avons lu de nombreux passages de Luc, de Matthieu, ainsi que de l'Apocalypse. Aujourd'hui, Matthieu nous présente deux aspects apparemment opposés, en tout cas, radicalement différents de cette fin des temps. D'un côté, dans l'évangile de saint Matthieu, ce grand discours eschatologique du Christ, nous voyons les épreuves qui s'accumulent sur les hommes, ces épreuves qui sont tout à la fois un avant-goût de la fin du monde et qui sont le signe de cette caducité de ce monde, ce monde fragile qui va vers sa perte. Jésus dit : "Il y aura une grande tribulation telle qu'il n'y en a pas eu depuis le commencement jusqu'à ce jour, et il n'y en aura jamais plus". C'est comme le résumé de toutes ces épreuves qui traversent l'histoire des hommes, toutes ces guerres, toutes ces haines, toutes ces destructions, tous ces cataclysmes, qui manifestent peu à peu que l'homme et le monde qui l'entoure vont à leur fin. Cette fin que l'homme organise lui-même et orchestre en quelque sorte, car une part importante de ses difficultés et de ses épreuves viennent de l'accumulation de la violence, de la haine dont les hommes sont responsables. Nous le savons bien, les hommes sont capables de détruire notre propre monde.
Au milieu de ces épreuves, Jésus nous dit qu'il y aura aussi des épreuves de la foi, des faux prophètes se dresseront : "Voici le Christ est là, Voici, Il est au désert, ne le croyez pas !" Et en contraste avec cette accumulation de fausses prophéties, et de fausses attentes, il y a l'apparition du Fils de l'Homme comme l'éclair, "qui part du Levant et brille jusqu'au couchant. Ainsi, en sera-t-il de l'avènement du Fils de l'Homme".
Et c'est ici que le texte de l'Apocalypse que nous entendions au début, vient prendre le relais, car cet avènement du Fils de l'Homme qui succède ainsi à toutes ces épreuves, à toutes ces destructions que l'humanité accumule sur elle et sur le monde, l'avènement du Fils de l'Homme, c'est l'avènement du monde nouveau. Ce monde qui s'autodétruit n'est pas la fin de toutes choses, il y a un monde nouveau. C'est le monde de Dieu, c'est le monde que Dieu a voulu créer dès les commencements, et qui, abîmé par le péché de l'homme a besoin d'une rédemption, d'une résurrection. Comme le Christ est mort et a été mis au tombeau, et est ressuscité le matin de Pâques, comme chacun de nous nous allons mourir un jour mais pour ressusciter, de la même manière le monde meurt, il ne cesse de mourir, mais c'est pour ressusciter. Un ciel nouveau, une terre nouvelle, la cité sainte, Jérusalem nouvelle, tout est neuf, cette Jérusalem est parée comme une fiancée pour son époux Elle est la demeure de Dieu parmi les hommes. C'est cela le monde nouveau, c'est Dieu qui vient ha biter parmi nous, qui transfigure ce que nous sommes par sa présence, et qui nous rassemble dans son Royaume.
Précisément, cette venue du Christ est la fin des épreuves. Elle est la fin de cette haine et de ces violences que noua accumulons. Dieu "essuiera toutes larmes de nos yeux". C'est la promesse qui nous est faite : "Je fais toutes choses nouvelles". Désormais, tous les pleurs, tous les cris, toutes les peines, toutes ces épreuves que nous accumulons comme à plaisir à cause de notre péché, tout cela disparaît, il n'y en aura plus. L'ancien monde s'en est allé, toutes ces choses disparaissent. "A celui qui a soif, je lui donnerai l'eau de la vie gratuitement. Je serai son Dieu et il sera mon fils".
Frères et sœurs, nous vivons à la fois ce drame d'un monde qui se détruit. Nous vivons à la fois ce drame de notre péché qui ne cesse de gangrèner notre vie, et puis, nous vivons aussi cette aurore de la rédemption, de la résurrection où Dieu fera toutes choses nouvelles. Nous serons, nous-mêmes, renouvelés avec l'univers tout entier.
AMEN