LA TOTALITÉ
Jg 9, 50-57 ; Mt 13, 44-52
(17 juillet 2003)
Homélie du Frère Bernard MAITTE
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I |
l y a dans ces trois petites paraboles du Royaume des cieux une expression qui me frappe plus particulièrement, c'est celle de la totalité. En effet, lorsque celui qui trouve le trésor dans le champ veut l'acquérir, il va, et vend tout ce qu'il possède. D'ailleurs, il vend aussi dans une idée de totalité puisqu'il achète le champ et le trésor, alors qu'il aurait peu-être pu se contenter du trésor.
Dans la deuxième parabole également, le négociant en perles fines vend tout ce qu'il possède pour acheter cette perle fine de grand prix.
Dans la troisième parabole, la totalité est exprimée de manière différente, puisque c'est comme un filet qu'on jette dans la mer et qui ramasse tout ce qui se présente, la tri ayant lieu après. Le Seigneur conclut Lui-même : "Avez-vous compris tout cela ?"
Cette idée de totalité peut nous servir de guide aujourd'hui dans notre vie spirituelle, dans notre manière d'être à l'égard de Dieu dans l'acte de foi, à l'égard aussi du Royaume et de cette Église, prémices du Royaume en la manière dont nous vivons en Église. En effet, il nous arrive trop souvent de sérier les choses, de les cataloguer, et de choisir nous-mêmes. En somme, ce qui nous est demandé, c'est d'accepter toute totalité. D'abord, le fait que quand on est à Dieu, quand on a la foi, ce n'est pas un petit pourcentage de notre vie, c'est la totalité de notre vie, c'est le tout de notre vie qui doit être donné pour être à Dieu, pour vivre dans le Royaume. Nous sommes, nous aussi, comme le négociant, ou celui qui trouve le trésor, appelés à tout vendre, à être entièrement à celui qui nous offre le Royaume.
La totalité elle est aussi à l'égard du monde. Ce n'est pas parce qu'on a une foi particulière ou que l'on fait partie d'une communauté particulière que cela nous retire du monde. Mais nous devrions au contraire être ouverts à la totalité de la création, à la totalité de ce monde, à ce qu'il vit, à ce qu'il est. C'est un peu l'histoire du filet qui est jeté et qui ramasse un peu de tout. C'est au Seigneur ensuite à la fin, de trier et ce qui est bon, et ce qui est mauvais. Comme d'ailleurs, au départ de la création Dieu prend la totalité de ce chaos et ensuite, l'ordonne, il fait le tri, et cela devient notre création.
En somme, il y a deux humilités : l'humilité de tout donner soi-même et d'accepter ensuite ce tout qui nous est offert. C'est un appel, parce que le Royaume de Dieu finalement ne souffre pas de la demi-mesure. Le Royaume de Dieu ne se contente pas de petites économies pour acheter. Il en appelle à notre vie entière puisque c'est la totalité de notre vie, de notre monde et de notre humanité que Dieu veut sauver, non pas un petit peu, mais le grand tout.
AMEN