LA JOIE DU SALUT
1 Th 4, 13-18 ; Mt 18, 12-20
(16 août 2001)
Homélie du Frère Bernard MAITTE
|
N |
otre vieille habitude d'être chrétien ou l'histoire même du christianisme nous fait peut-être perdre quelquefois la saveur de l'évangile. Je pense à ce premier passage que nous avons lu de saint Matthieu sur la brebis égarée. C'est un texte que nous connaissons bien, qui parle régulièrement à nos oreilles, mais il faut être frappé par la simplicité de ce texte. Simplicité, parce que Jésus s'adresse simplement aux hommes, et lorsqu'Il s'adresse simplement aux hommes, Il prend des images qu'ils connaissent bien, des images de la vie quotidienne, un peuple qui sait ce que c'est qu'un berger, un troupeau, un peuple qui sait ce qu'est le grain de sénevé qui pousse. Bref, cette saveur de l'évangile nous rappelle que nous aurions à redécouvrir avec le même regard, avec la même persuasion que ces images peuvent dévoiler, la simplicité du message évangélique. Je pense dans le cas de la brebis égarée, ce texte qu'on peut utiliser lors du sacrement de réconciliation, mais il est vrai que lorsqu'on arrive pour être réconcilié avec Dieu, pense-t-on d'abord à la joie ? C'est pourtant bien ce qu'il y a derrière ce texte, la joie du berger qui retrouve sa brebis égarée, cependant, il lui en restait quatre-vingt dix-neuf ! Il aurait pu se débrouiller, et en laissant là tout le troupeau, il prend un risque, mais il a trop de joie à retrouver cette brebis perdue. Pensons-nous à la joie de Dieu justement quand nous venons nous réconcilier ? Pensons-nous à la joie de l'Église de savoir que quelqu'un est réintégré au troupeau que nous sommes ? Pensons-nous à notre propre joie ? Parce qu'être égaré, cela pourrait signifier, si on en prend conscience par rapport au péché, qu'il y a derrière aussi un malaise, une peur, et que de retrouver ce Maître, ce Seigneur, ce bon berger qui nous conduit, et qui contrairement aux habitudes humaines, vous le savez quand une maman perd son enfant dans une foule, la première réaction qu'elle a en le retrouvant, c'est de le gronder, or il a déjà eu peur, et elle accentue encore cette peur et il finit par pleurer ! Le Seigneur ne fait jamais cela, sa première réaction c'est d'être heureux.
Oui, le Seigneur le dit : "Il y a plus de joie au ciel pour un pécheur qui se convertit" et dans ce même passage, Il y dit " que le Père qui est aux cieux ne veut pas qu'un seul de ces petits ne se perde". Le Seigneur a d'abord en vue notre salut, et il prend plaisir à ce salut. Peut-être nous faut-il retrouver, et j'ai pris l'exemple du sacrement de réconciliation, mais cela peut être vrai pour différentes démarches, autant en liturgie, que dans les sacrements de notre Eglise, ne plus forcément tomber dans toutes les idées, les petits vélos que nous avons dans la tête et qui tournent sur ce qu'est la vie sacramentelle, et retrouver simplement ces gestes, ces paroles qui sont faites pour le salut, et le salut, c'est une Bonne Nouvelle, c'est heureux.
AMEN