ANNONCE DE LA PASSION

Sg 10, 12-19 ; Mt 16, 21-28

(28 juillet 1994)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

D

ans ce passage d'évangile, première annonce de la Passion, nous percevons que Jésus Lui-même prépare le cœur de ses apôtres à af­fronter ce que saint Paul appellera "le scandale de la croix".

Aux disciples qui ont déclaré leur foi, Jésus annoncera, à trois reprises, sa Passion et sa Résurrec­tion pour en signifier et en démontrer toute l'impor­tance. Il prévoit cette crise de leur foi devant le Fils de l'Homme souffrant, crise à laquelle ils ne résisteraient pas. Et malgré tout, ce sacrifice de la croix sera pour eux insupportable puisqu'ils iront jusqu'à fuir devant ce que le Fils de l'Homme, Fils de Dieu accomplit pour nous.

Et le texte ajoute : "Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de cette croix et qu'il me suive !" Ainsi donc c'est tou­jours la croix qui est au centre du mystère chrétien, pour les apôtres comme pour nous. Et si Jésus n'échappe pas à sa Passion, s'il veut montrer qu'Il vient ainsi atteindre toutes les réalités humaines, même celles les plus difficiles du mal et de la souf­france, l'homme non plus n'y échappe pas. Et para­doxalement, sur cette croix, un signe d'espérance ap­paraît par le don de la vie que Dieu fait de lui-même.

C'est ce que nous célébrons aussi dans l'eu­charistie, mémorial du sacrifice de la croix, qui nous dit, aujourd'hui, d'une manière heureuse, combien Jésus est venu racheter tout l'homme et le sauver en­tièrement, et que cet homme-là connaît son salut parce qu'il connaît aussi sa croix.

 

AMEN