TOUT CE QUE VOUS DEMANDEREZ
Jb 30, 15-23 ; Mt 21, 1-22
(25 septembre 1989)
Homélie du Frère Michel MORIN
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e long passage de l'évangile rassemble trois événements de la vie du Christ, mais nous pourrions nous arrêter à ce qui peut en faire pour nous l'unité. C'est la dernière parole : "Tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l'obtiendrez !"
Nous avons l'impression ou parfois la certitude, et c'est une chose vraie, que notre vie chrétienne est tout à fait stérile, que notre prière est tout à fait desséchée. Et l'on se retrouve un petit peu face à soi-même comme un arbre mort. Ceci est cause de désespérance, de découragement, de doute et peut-être en fin de compte d'un certain abandon.
Or le Christ nous dit ici que le lieu, la source de la fécondité de notre vie chrétienne et de notre prière ce n'est pas nous-même, c'est Lui. Et c'est Lui en tant que Messie. Si vous avez bien remarqué, le Christ entre dans cette ville de Jérusalem, selon la prophétie : "Voici que ton Roi vient à toi. Et c'est la multitude des petits, la multitude des enfants qui confessent cette messianité du Christ en s'écriant : "Béni soit Celui qui vient au Nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux !" C'est le Christ Messie c'est-à-dire Sauveur de l'homme, roi de notre propre vie, qui peut être uniquement la fécondité de notre vie chrétienne et de notre prière. Nous nous installons dans notre vie chrétienne, dans notre prière, un peu comme les marchands du Temple, un peu comme les vendeurs du Temple. Nous apportons tout notre fatras de vie, tout ce qui nous occupe, tous nos intérêts, toutes nos attentes, tous nos espoirs, etc ... Et au fond, on se trouve, dans la foi, mais comme extérieurs à ce qu'est réellement la foi, comme si nous venions ici installer un commerce, en oubliant qui nous sommes. Nous vivons bien dans la foi, mais nous ne vivons pas de la foi. Nous ne vivons pas de cette présence permanente d'un Seigneur Christ qui vient et qui attend que notre premier accueil, notre première réaction, notre premier cri soit celui de la foi : "Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur !"
Et tant que chaque jour, à chaque instant de notre vie, de notre pensée, de nos gestes, tout notre être n'est pas imprégné, soulève, telle une montagne, par cette foi dans la présence du Christ, notre vie sera celle de bons commerçants des affaires religieuses, mais cela non seulement sera stérile, mais nous serons mis dehors de ce temple de la prière.
Que cet évangile nous rappelle que toute vie chrétienne s'enracine dans la messianité du Christ présent aujourd'hui qui féconde par sa Pâque notre propre vie en la purifiant de tout ce que nous-mêmes, nous y installons, c'est-à-dire parce que nous nous y installons un petit peu comme ces changeurs, ne sachant plus rien regarder autour de nous et qui est l'essentiel, cette présence du Christ en son Église, dans son Temple.
Ainsi," tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l'obtiendrez". Nous n'obtiendrons pas ce que nous voulons ou ce que nous attendons d'immédiat, mais nous recevrons, dans la foi, car il s'agit de prier dans la foi et de recevoir dans la foi. Et que peut nous donner le Christ dans la foi, sinon les choses mêmes du Royaume, c'est-à-dire justement sa guérison, sa force et le fait que nous puissions chaque jour ouvrir nos yeux, ouvrir nos mains, le reconnaître et l'accueillir comme notre Messie. Et c'est de cela que jaillira notre louange vers Lui, qui sera en fait notre véritable prière et qui nous introduira et qui nous gardera en permanence dans son Temple à le louer.
AMEN