TROIS FONDEMENTS DU PEUPLE DE DIEU

Jr 31, 15-20 ; Mt 18, 12-20

(20 septembre 1986)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

L

e passage que nous venons d'entendre est tiré de ce qu'on appelle habituellement le discours ecclésiastique, c'est-à-dire un recueil de pa­roles que le Seigneur a dites pour exprimer les lois fondamentales de la vie du peuple messianique qui allait jaillir de sa mort et de sa résurrection. Et les trois petits passages qui constituent le texte qui nous a été proclamé énoncent, chacun à sa manière, les lois fondamentales de la constitution, de la conservation et de la raison d'être du peuple de Dieu.

Le premier passage est celui de la brebis éga­rée, dont la conclusion est ici différente de celle de Luc. Matthieu ajoute : "Votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu'un seul de ces petits ne se perde !" Cela signifie que le principe premier de l'Église, c'est qu'elle est un corps c'est-à-dire un tout, et que Dieu veut que ce tout soit accompli, réalisé dans sa totalité. Par conséquent la raison d'être de l'Église repose sur ce désir de Dieu de rassembler auprès de Lui tous ses enfants. C'est pour cela que l'Église a les promesses de la vie éternelle. Ce n'est pas parce que nous tenons, nous, mais parce que Dieu "tient" l'humanité sauvée dans son désir et dans son salut.

Le deuxième passage concernant la correction fraternelle, c'est celui par lequel le Christ nous montre les moyens pratiques de cette conservation du peuple de Dieu. Les membres rassemblés dans l'Église sont des membres fragiles et pécheurs qui, à tout moment, par les défaillances de leur cœur et de leur amour de Dieu peuvent être invisiblement séparés de ce corps. Or le Christ a pour ainsi dire constitué des "anticorps" qui empêchent que la maladie ne se répande. Ces an­ticorps, c'est la correction fraternelle de chaque frère pour l'autre et le ministère qui par le biais du sacre­ment de la réconciliation empêchent qu'un membre qui s'égare ou qui quitte le corps ou qu'une cellule qui veut s'en aller ailleurs et vivre à part du corps dont elle fait partie, est comme retenue par le filet d'amour et de miséricorde de Dieu manifestée par les frères, par la communauté et par les ministres de cette com­munauté.

Enfin la troisième loi, la plus profonde, la rai­son d'être même de l'Église, c'est la loi de la prière. L'Église est un corps vivant, et sa vie c'est la prière et la louange de Dieu. Le peuple est comme un ensem­ble de cellules qui composent un corps et le sang qui irrigue chacune de ces cellules, c'est le Christ et la prière du Christ qu'Il a introduite dans le cœur des disciples. C'est pourquoi il nous est dit : "Si deux ou trois sont réunis en mon Nom, Je suis là au milieu d'eux !"

Voilà les lois fondamentales de la vie de l'Église, et je pense qu'au cours de cette eucharistie, nous pouvons demander au Seigneur qu'Il nous en fasse prendre davantage conscience et surtout nous donne de les vivre toujours avec plus de foi.

 

AMEN