LA BONNE NOUVELLE

Ha 2, 1-4, Mt 9, 27-28

(18 juin 1985)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

C

 

'est presque le résumé du ministère du Christ que nous avons dans ces brèves paroles. Le Christ annonce la bonne nouvelle du Royaume des cieux et Il guérit les malades. Ce sont les deux signes caractéristiques de la prédication du Christ : l'annonce de l'espérance, l'annonce de la joie, de la bonne nouvelle, de l'évangile du Royaume, et la miséricorde qui guérit. La miséricorde qui guérit les corps, mais qui veut guérir aussi les cœurs car Il voit ces "foules lasses, prostrées, comme des brebis qui n'ont pas de berger," et Jésus dit à ses disciples de prier pour que des ouvriers soient envoyés afin que cette moisson puisse être rassemblée, car "cette mois­son est abondante." Il y a une grande foules de gens qui attendent, qui sont prêts pour le Royaume, mais personne ne le leur annonce, personne ne les conduit, il n'y a pas de berger.

C'est le propos du Christ, en venant sur la terre, de nous guider jusqu'au Royaume par l'annonce de cette parole de vérité, de cette bonne nouvelle, et en étant Lui-même le berger, et en multipliant autour de Lui d'autres bergers qui ainsi pourront aider toute la foule de ceux qui attendent la miséricorde de Dieu à parvenir jusqu'au Royaume, afin que leurs yeux s'ouvrent comme les yeux de ces aveugles qui sui­vaient Jésus avec persévérance, ne s'arrêtant pas de marcher sur ses pas, le poursuivant jusque dans sa maison. Et quand Jésus leur demande : "Croyez-vous que je puisse faire cela ?" ils répondent : "Oui, nous le croyons !" Aussi Jésus ajoute : "Qu'il vous soit fait selon votre foi !''

Nous sommes nous-mêmes de ces brebis qui suivent le Christ, et il y a autour de nous beaucoup de gens qui suivraient le Christ s'ils connaissaient son nom, s'ils avaient entendu la bonne nouvelle. Vous me direz que cette bonne nouvelle a été répandue depuis des siècles et qu'elle est connue de tous, que l'évangile n'est pas un livre caché ni secret. Pourtant cette bonne nouvelle n'est pas apparue comme une bonne nouvelle aux oreilles de tous ceux qui nous entourent, sans cela ils se seraient levés eux aussi, car ils font partie de cette moisson abondante, pour la­quelle il manque des ouvriers. Effectivement, si tant de gens ne connaissent pas le Christ, ne suivent pas le Christ, c'est souvent parce qu'une parole qui atteigne leur cœur ne leur a pas été transmise, ne leur a pas été dite. Et il y a une responsabilité de chaque chrétien, car ce ne sont pas seulement les prêtres qui sont en­voyés comme bergers, mais nous sommes tous char­gés de nos frères, nous avons tous à prendre soin du troupeau de l'humanité en quête du Christ. Tous, nous sommes chargés de porter cette bonne nouvelle à ceux qui n'attendent que cela. Encore faut-il que cette pa­role touche leur cœur atteigne le fond de leur être. C'est là que, souvent, nous sommes défaillants, car notre foi nous la disons, nous la professons, nous la vivons d'une manière souvent trop quelconque, trop médiocre, et elle n'apparaît pas vraiment comme la bonne nouvelle qu'elle est. C'est pour cela qu'elle n'atteint pas le cœur de ceux qui nous entourent. Cette bonne nouvelle ne peut apparaître comme telle que si elle part de notre cœur pour atteindre le cœur de nos frères, c'est cela qui est notre devoir, notre mission. C'est cela que le Christ veut de nous. Si nous sommes rassemblés aujourd'hui dans cette église pour entendre la Parole de Dieu, c'est pour qu'elle pénètre jusqu'au plus profond de nous-mêmes et qu'elle en jaillisse comme une lumière, comme quelque chose de convaincant, quelque d'éblouissant qui puisse émer­veiller ceux qui seraient auprès de nous.

Vous voyez que vis-à-vis de cette annonce du Royaume nous ne serons jamais quittes nous, ne se­rons jamais en règle, nous ne pourrons jamais dire que nous avons tout fait, car si nous le vivions plus intensément, sans doute le message atteindrait plus sûrement le cœur de nos frères. Que Dieu nous donne d'être remplis de sa présence, remplis de sa lumière de telle sorte qu'elle soit vraiment capable de se commu­niquer aux autres.

 

AMEN