DIS SEULEMENT UN MOT
Ep 5, 15-20 ; Mt 8, 5-17
(10 juillet 1984)
Homélie du Frère Michel MORIN
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et officier romain était chef d'une centaine de soldats. Il était lui-même subalterne d'officiers supérieurs, et il exerçait, de façon légitime, l'autorité qui était la sienne, cette autorité qui était de commander, de dire : "Fais ceci !" afin que cela soit fait, de dire à son serviteur : "Va !" afin que le serviteur aille. Cet officier romain a reconnu, dans son cœur, que le Seigneur Jésus, qui était juif, d'une autre race, d'une autre religion que lui, possédait non pas seulement une autorité humaine, à la manière de la sienne, mais une autorité bien supérieure, probablement quelque peu insaisissable d'ailleurs, puisque ce n'est qu'avec une comparaison de l'ordre militaire que lui-même a pu s'expliquer sur cette autorité qu'il reconnaissait en Jésus. Il affirme ainsi que le Seigneur possède cette autorité de la toute-puissance, toute-puissance de Dieu sur les hommes, bien sûr puisqu'Il est créateur, mais aussi sur les choses quand Il le désire, pour que celles-ci puissent servir, puissent entrer dans l'ordre de la Rédemption, et être, pour les hommes qui les perçoivent, qui en sont témoins, signe de la présence du salut au milieu d'eux. Si Jésus a accompli ce miracle, Il le dit Lui-même, c'est à cause de la foi du centurion. Or la foi du centurion a été de croire que le Seigneur pouvait, justement, accomplir ce miracle et pouvait guérir son serviteur qui était malade. Cette toute-puissance de Dieu fait partie de notre foi chrétienne.
Nous nous adressons à Dieu, non pas parce qu'Il est puissant comme quelqu'un qui nous dominerait ou qui nous écraserait, ou qui nous punirait par les évènements de notre vie. Cela serait une frustration bien terrible dont nous pourrions facilement et dont nous devrions nous garder. Mais nous nous adressons à Dieu en sa toute-puissance parce que nous savons qu'Il est le maître, qu'Il est le Seigneur, qu'Il est le créateur de toute chose et que nos vies sont dans ses mains, que tous nos cheveux sont comptés, qu'Il sait ce dont nous avons besoin et que nous n'avons pas à nous inquiéter ni d'aujourd'hui, ni du lendemain, mais simplement à Lui dire : "Donne-nous, ce jour, notre pain quotidien!''
Frères et sœurs si bien souvent, nous traînons nos infirmités et nos maladies sans pouvoir nous en sortir, c'est parce que, en définitive, notre foi est moins grande que celle de ce païen. C'est qu'en définitive, nous ne savons pas dire au Christ : "Viens ! et je suis sûr que Tu me guériras et je vivrai !" C'est que nous n'avons pas foi en l'efficacité, en la fécondité de sa parole, comme ce centurion romain qui a dit au Seigneur : "Mais ne viens même pas. Dis seulement une parole, puisque toute ta puissance sera dans cette parole, et ainsi elle s'accomplira dans mon serviteur que je voudrais voir guéri et bien portant !"
Que la foi de ce païen, de ce centurion romain réveille notre foi de croyants et de chrétiens, pour que, comme lui, nous puissions nous adresser au Seigneur avec cette confiance naïve, et cependant si profonde, de ceux qui savent qu'ils ne tiennent leur salut que de Dieu, de ceux qui savent qu'ils ne tiennent leur santé spirituelle que de Celui qui est venu accomplir les desseins de Dieu, comme l'avait annoncé le prophète Isaïe : "prenant sur Lui nos infirmités et se chargeant de nos maladies."
C'est cet Agneau immolé, mort pour nos péchés, chargé du poids de nos douleurs et de nos maladies, qui s'offre maintenant, dans la toute-puissance de l'Esprit pour que, dans la puissance de cet Esprit, nous puissions recevoir sa miséricorde, son pardon, sa guérison et son salut.
AMEN