SUIVRE LE CHRIST
Am 5, 1-6 ; Mt 8, 23-27
(23 juin 1982)
Homélie du Frère Michel MORIN
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I |
l s'agit probablement de deux disciples, de ces deux hommes qui, à tour de rôle, font une réflexion ou posent une question au Seigneur Jésus. Des disciples parce qu'Il a renvoyé les foules et il ne reste auprès de Lui que ceux qui le suivent et qui ont pour le moins dans le cœur le désir de le chercher et de demeurer avec Lui même si cette intention, comme le manifestent ces réflexions, n'est pas encore tout à fait pure du côté de ces deux hommes.
Le premier manifeste son zèle pour suivre le Christ, un zèle un petit peu présomptueux. Qui peut dire devant Dieu : "J'irai jusqu'où tu iras" ? Et il entend cette phrase : "Le Fils de l'Homme n'a rien pour reposer sa tête" et que sa tête ne reposera que sur le bois de la croix et la pierre du tombeau. Le disciple qui veut le suivre devra aller là où va le Maître. C'est ce qui était arrivé à l'apôtre Pierre qui, lui aussi, avait dit au Seigneur : "Jusqu'à la mort, je Te suivrai !" Mais le Seigneur lui avait dit, après sa résurrection : "Un autre te conduira là où tu ne veux pas aller." Alors, devant l'appel du Seigneur, devant notre désir de le chercher, Il faut le faire avec beaucoup d'humilité en nous disant que, probablement, nous irons là où nous n'aurions jamais pensé aller, et que cela fait partie du disciple de suivre son maître et non pas de conduire le maître.
Quant-à l'autre, celui qui était aussi disciple, lui pose une condition, pour suivre le Christ : "Donne-moi le temps d'aller enterrer mon père." Réflexion tout à fait noble. La réponse du Seigneur n'est pas une réponse de dureté envers ceux avec qui nous vivons et envers qui nous devons avoir des sentiments d'humanité. La réponse du Seigneur ne s'adresse pas aux morts qui doivent enterrer leurs morts, mais au cœur même de ce disciple. Et la réplique est très claire : "Suis-moi !" Phrase que nous connaissons bien dans l'évangile, car elle s'est adressée plusieurs fois à d'autres hommes à qui le Christ demandait de le suivre.
Or, pour l'un et l'autre, il s'agit de partir car l'évangile le dit : "Jésus donna l'ordre de s'en aller sur l'autre rive." Et par ces réponses le Christ veut manifester à ces hommes et à nous-mêmes que c'est toujours l'heure de partir, de partir autre part que là où nous sommes, d'avancer d'un pas, de dépasser un obstacle, de franchir un fleuve, toutes choses qui nous séparent de l'autre rive qui est le Royaume de Dieu qui vient vers nous et vers qui nous allons, et dans lequel nous nous reposerons dans la béatitude éternelle. Avec le Christ, il s'agit toujours de partir, et lorsqu'on part, ce n'est pas le moment de faire de grandes déclarations ni de poser des conditions. Il faut simplement suivre. Il faut simplement, comme le rappelait Amos, chercher le Seigneur si nous voulons vivre.
AMEN