QUELLE RICHESSE VEUX-TU ?

Lm 1, 12-14 ; Mt 129???, 16-30

(9 septembre 2009)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

F

 

rères et sœurs, dans ce texte bien connu de la rencontre de Jésus avec le jeune homme riche, il y a une certaine manière pour l'évangéliste Matthieu, à la différence des deux autres évangélistes, d'exprimer le dialogue qui eu lieu entre Jésus et le jeune homme riche.

Je veux simplement attirer votre attention sur un détail. Le jeune homme interroge : "Maître que dois-je faire de bon pour obtenir la vie éternelle ?" Ce jeune homme est riche. Il n'est pas riche d'une richesse purement matérielle puisqu'il est quand même capable de se rendre compte qu'en allant interroger Jésus, il peut acquérir cette autre richesse qu'est la bonté : "Que dois-je faire de bon pour obtenir la vie éternelle ?" L'orientation de la question du jeune homme riche a un petit côté "trader" si je puis faire allusion à l'actualité, parce que cela veut dire : que puis-je faire pour avoir plus ? Quels sont les meilleurs placements du point de vue de la vie éternelle ?

Cet homme riche raisonne vraiment comme un riche. C'est l'acquisition, avoir plus, évidemment aussi se donner du mal en faisant des choses qui sont bonnes, et même ce jeune homme est très moral, puisqu'il veut faire des choses bonnes, il ne veut pas filouter. Jésus retourne la question d'une façon assez bizarre, il lui dit : "Qu'as-tu à m'interroger sur ce qui est bon ? Un seul est bon, un seul est "le" bon." Pour toi le bien, c'est un moyen d'acquérir la vie éternelle, mais tu n'as pas réfléchi à ce qu'est le bien. Le bien, ce n'est pas d'acquérir la vie éternelle. Le bien n'est pas de l'ordre des moyens, le bien, c'est une fin, c'est un but. Que veux-tu , les moyens ou le but ?

C'est un des rares cas où l'on voit Jésus accepter la question de quelqu'un et la retourner d'une façon aussi percutante. Lui, ce jeune homme, il est dans la richesse, mais la richesse c'est un moyen. Il pose la question de son avenir en termes de moyen. Au fond, comment vais-je devenir riche de cet autre type de richesse qui n'est pas la richesse matérielle de l'argent. Et Jésus lui dit : attention, si tu veux rentrer dans ce domaine, ne raisonne plus comme si c'était un problème d'acquisition de richesses et d'augmentation de capital. "Un seul est bon".

A partir de ce moment-là la question du bien est différente. Le bien n'est pas d'abord dans les moyens qu'on met en œuvre, mais le bien, il est d'abord dans la fin. C'est parce qu'on a compris la fin qu'on va pouvoir réfléchir sur les moyens. La réponse de Jésus est très simple : le moyen classique, c'est d'obéir à la Loi. Et le jeune homme poussé là encore par son côté compétitif, concurrentiel, dit : "Tout cela je l'ai fait !" Jésus alors revient à la question : "Si un seul est bon, il faut que tu me suives".

Cet épisode met en cause notre manière de concevoir notre relation à ce qui est bien. Ou bien les biens sont limités et nous pouvons les utiliser, ou bien nous repérons à travers ces biens limités la présence de celui qui est bon et cela change pas mal la perspective. Essayons nous-même intérieurement de répondre à cette question par laquelle le Christ interrogeait ce jeune homme riche, des bons moyens, ou de celui qui est à titre de fin ultime, le seul qui soit bon.

 

AMEN