CONTEMPLER LA BEAUTÉ DE LA CRÉATION

Si 42, 15-25

(30 juin 2006)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

P

ar quelle autorité fais-tu cela ?" Les scribes, les pharisiens et les anciens auraient pu trouver la réponse dans ce magnifique texte de l'Ecclésiastique que nous avons entendu en première lecture. C'est un passage qui change d'ailleurs de ton dans ce livre, où l'auteur dit de manière claire et limpide, justement, l'autorité de Dieu. En effet, il commence par dire : "Je vais rappeler les œuvres du Seigneur, ce que j'ai vu, je vais le raconter". Il nous guide sur le chemin des merveilles de Dieu, de la reconnaissance de sa gloire et du discernement à opérer sur la contemplation des œuvres de Dieu.

D'abord l'auteur nous rappelle des choses que nous oublions trop souvent, c'est que le monde lui-même, la création, les choses, la matière, sont appelées à rendre grâces à Dieu, sont l'objet d'une louange au Seigneur. Elles nous disent, elles parlent, elles signifient cette gloire de Dieu, elles racontent l'œuvre du Créateur, comme le Psaume 18 qui dit : "La nuit à la nuit en livre le récit". Ainsi, le monde nous parle de Dieu, il n'est pas Dieu, mais il est rempli de sa gloire. Il n'est pas à la place de Dieu, mais il nous signifie le créateur. Comme le Siracide le dit lorsqu'il dit à propos du soleil qu'il brille, il regarde toutes choses, et l'œuvre du Seigneur est pleine de sa gloire. Mais en même temps, l'auteur nous dit aussi que c'est par les paroles du Seigneur que ces œuvres et la création obéissent à la volonté de Dieu.

Ces paroles, ce sont celles qu'il a données dès le départ, la parole même du Créateur : "Dieu dit, et cela est". Mais c'est aussi chacune de ces paroles mêlées au langage humain qui sont objet de révélation. Dieu parle par nos mots, Dieu parle par nos actions, Dieu parle par notre langage, notre histoire. En effet, la création est remplie des œuvres de Dieu parce que le dessein de Dieu s'inscrit dans l'histoire des hommes. Son Salut devient le Salut, la rencontre, la communion entre les hommes, leur histoire, et celle de l'histoire de Dieu marchant au pas des hommes. Oui, par ses paroles, le Seigneur fait ses œuvres.

La troisième chose à laquelle l'auteur nous invite, c'est la contemplation, de poser un autre regard, et de comprendre que tout ce qui existe vient de Dieu. Il dit : "Toutes les choses vont deux par deux, en vis-à-vis, et Il n'a rien fait de déficient". Autrement dit, toutes choses sont ainsi, parce que le Seigneur instaure la relation, le Seigneur a créé l'autre, Il a mis en vis-à-vis l'homme et la femme, les hommes entre eux. Il a mis en vis-à-vis les hommes et leur propre histoire, les hommes et leur propre monde. Il les laisse agir, mais rien n'est mal, rien n'est déficient dans ce que Dieu a fait. L'auteur nous rappelle ainsi que le Seigneur est vraiment en toute chose. Il n'a pas ce regard que l'on pourrait penser pervers, à la lecture d'un des versets : "Aucune pensée ne lui échappe, aucune parole ne lui est cachée", on pourrait penser que Dieu nous traque, mais ce n'est pas cela que l'auteur veut dire. Il veut simplement évoquer le fait que la présence de Dieu est continue à ce monde depuis qu'Il l'a créé, elle est continue au Salut depuis que la bonne nouvelle est à annoncer à tous, elle est continue au cœur de l'homme quand l'homme accepte de vivre du don de Dieu, de son amour.

 

AMEN