LE FILS DE LA PROMESSE
Gn 18, 1-15 ; Lc 10, 21-24
(11 octobre 2010)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Mambré : Aujourd'hui, un descendant d'Abraham …
|
F |
rères et sœurs, ces derniers jours, nous lisons l'histoire d'Abraham dans le livre de la Genèse, et essentiellement la promesse d'une descendance à Abraham. Le problème c'est qu'Abraham et Sara sont vieux, avancés en âge, qu'ils ne peuvent plus avoir d'enfants, et que par conséquent, ce que Dieu dit à Abraham est invraisemblable et cela ne pourra se résoudre que par un miracle de Dieu.
Dans un premier temps, nous l'avons entendu il y a quelques jours, Abraham pense que c'est un de ses serviteurs qui héritera de lui et qui par conséquent, héritera aussi de la promesse de Dieu, mais Dieu prend Abraham par la main, il le fait sortir de la tente, lui montre les étoiles du ciel : "Ta descendance sera aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que les grains de sable du désert".
Dans un deuxième temps, Sara va dire à Abraham : "Va auprès de ma servante, elle accouchera sur mes genoux et ce sera comme si c'était ton enfant". Là encore, Dieu ne veut pas de solutions simplement indirectes comme celle-là. Certes Abraham donnera un enfant à Agar, ce sera Ismaël, l'ancêtre des arabes, et des habitants de notre actuelle Palestine.
Et dans le troisième temps, Dieu vient chez Abraham pour lui annoncer : "L'an prochain, Sara aura un enfant". Ce ne sera pas la servante ni un des serviteurs, mais ce sera votre enfant, Isaac. Ceci se passe au plus chaud du jour, près de la tente d'Abraham. Trois hommes, un pressentiment de la Trinité, du Père, du Fils et de l'Esprit, viennent auprès d'Abraham qui les accueille, les reçoit, qui les invite à sa table, leur donnant à manger un veau tendre et bon, et des galettes que Sara elle-même a fait cuire, ainsi que du caillé. C'est donc au cours de ce repas où Abraham reçoit Dieu à sa table, que lui est révélé que ce n'est ni un serviteur, ni la servante mais que ce sera l'enfant d'Abraham et de Sara qui sera l'héritier de toute la promesse.
Il est important de comprendre que ce repas que Dieu en personne vient prendre à la table d'Abraham, ce repas est un signe, un symbole d'une très grande importance dans notre foi. Manger à la table de quelqu'un c'est partager non seulement la nourriture, mais c'est aussi partager son cœur, sa vie, ces choses les plus intérieures, les plus intimes. Quand on invite quelqu'un chez soi, c'est pour lui manifester notre amitié, et pour que cette amitié s'approfondisse au cours de ce partage.
Par conséquent, recevoir Dieu à sa table, c'est reconnaître qu'entre Dieu et nous, il y a une intimité, une proximité, un partage, une communion, une convivialité. Le repas pris avec Dieu est un signe et un grand mystère. C'est pourquoi ce repas qu'Abraham a pris avec Dieu, et aussi dans l'évangile, tous les repas que le Christ a pris avec des pauvres, avec des pécheurs, nous annoncent ce repas que nous allons prendre tout à l'heure ensemble et auquel Dieu nous invite. Ce n'est plus Abraham qui nous invite, mais c'est Dieu qui nous invite, nous les descendants d'Abraham pour que nous partagions son intimité, et que nous partagions la communion avec lui. Que l'eucharistie soit vraiment pour nous une rencontre avec Dieu au plus profond de notre cœur, une rencontre mystérieuse, sur laquelle se fonde l'essentiel de notre vie.
AMEN